Besoins et ruptures
Non-recours, isolement, barrières de langue et du numérique, fragilités scolaires, tensions liées au logement et parcours morcelés.
De quoi les personnes disent-elles avoir besoin ?Perpignan · projet à co-construire
Casa Caritas transforme progressivement l’accueil en relation, la relation en contribution, puis la contribution en pouvoir d’agir et en transformation du territoire.
Document de travail · Les activités présentées sont des hypothèses à tester avec les personnes, les bénévoles et les partenaires.
Plan de la présentation
Le propos avance du diagnostic territorial à la décision collective : comprendre, construire une réponse cohérente, organiser sa mise en œuvre, puis partager les résultats et les suites.
Chaque étape est accessible directement depuis ce sommaire et le menu.
01 · Le territoire en faits
La pauvreté est forte, mais le diagnostic ne s’arrête pas aux fragilités : il cherche aussi les talents, les solidarités et les ressources déjà présentes.
Un diagnostic à double entrée
La Casa ne part ni d’un programme déjà écrit, ni d’une vision déficitaire des personnes. Elle croise besoins exprimés, ressources mobilisables et compréhension précise de l’écosystème.
Non-recours, isolement, barrières de langue et du numérique, fragilités scolaires, tensions liées au logement et parcours morcelés.
De quoi les personnes disent-elles avoir besoin ?Langues, cuisine, musique, artisanat, expérience vécue, entraide, réseaux de voisinage et envie de transmettre : le diagnostic part aussi de ce qui est déjà là.
Que savons-nous faire, partager et décider ensemble ?Cartographier les associations, institutions, habitants et équipements ; comprendre leur rôle, leurs résultats, les doublons et les angles morts.
Qui fait quoi, avec quel effet, et où la Casa apporte-t-elle un plus ?Question d’ouverture
« De quoi avez-vous besoin ? Que savez-vous faire ? Que voulez-vous transmettre ? »
Cette grille simple rend visibles les langues, compétences, solidarités, relations et envies d’agir. Elle ouvre la voie à une programmation réellement co-construite.
02 · Arbre à problèmes
Une maison peut être très active sans produire de transformation. L’enjeu est de passer d’une addition de services, d’ateliers et de financements à un projet social commun où chaque activité renforce l’accueil, la mixité, la participation et le pouvoir d’agir.
Des réponses utiles existent, mais elles ne permettent pas toujours aux personnes de retrouver simultanément des droits, des relations, la reconnaissance de leurs capacités et un réel pouvoir de décision.
Le problème n’est pas seulement le manque d’aide : c’est la difficulté à transformer l’aide ponctuelle en relations durables, en reconnaissance et en pouvoir d’agir.Revenus, logement, alimentation, langue, numérique, santé, mobilité ou isolement se combinent et fragilisent l’ensemble du parcours.
Difficultés interdépendantes · démarches complexes · ruptures successivesLes personnes risquent d’être réduites à un statut — pauvre, migrante, bénéficiaire — tandis que leurs talents et leurs aspirations deviennent invisibles.
Honte · perte de confiance · relations asymétriques · faible mixitéLes acteurs sont nombreux et utiles, mais les personnes circulent encore entre des dispositifs, des catégories de publics et des interlocuteurs distincts.
Réponses en silos · orientations successives · faible continuitéUne maison peut proposer des actions utiles sans disposer encore d’un parcours commun, d’une gouvernance partagée ni d’une finalité lisible par tous.
Juxtaposition possible · participation limitée · impact collectif peu objectivé03 · La réponse proposée
La plus-value du SCCF n’est pas d’ajouter un opérateur social ou culturel. Elle est de relier l’accueil individuel, la rencontre, l’action collective et le plaidoyer, en agissant avec les personnes et non à leur place.
Sécuriser des droits, recréer des relations, reprendre confiance et pouvoir initier ou transmettre.
Passer d’une séparation entre aidants et aidés à des responsabilités réellement partagées.
Coopérer entre acteurs, documenter le non-recours et nourrir le plaidoyer sur les causes de la pauvreté.
La spécificité SCCF
Une personne peut entrer pour la boutique, revenir prendre un café, découvrir un droit, proposer une recette, accueillir à son tour puis participer au conseil de la maison. Ce chemin n’est ni obligatoire ni linéaire : la Casa rend simplement cette évolution possible.
L’architecture du projet
Café, boutique, permanence, accès aux droits et orientation accompagnée vers le bon partenaire.
Cuisine, repas, rencontres, sorties et événements ouverts qui font venir des publics différents.
Français, numérique, couture, création, accompagnement scolaire et passage progressif vers la co-animation.
Conseil de Casa, groupes-projets, initiatives collectives, médias et plaidoyer nourri par l’expérience vécue.
Des activités aux changements
La radio, les repas ou les expositions ne sont pas des fins en soi. Leur intérêt tient à la manière dont elles attirent, font coopérer, déplacent les rôles et produisent une parole collective.
Une méthode transversale
La Casa ne cherche pas seulement des moyens pour réaliser un atelier. Elle invite le territoire à y prendre part : personnes accueillies, habitants, entreprises, artisans, écoles, associations et institutions apportent des ressources, des compétences ou des relais, puis se retrouvent lors de la restitution.
Un point d’appui déjà présent
La boutique et l’épicerie solidaires existantes deviennent la première marche d’un parcours : on peut venir pour un besoin, rester autour d’un café, cuisiner, transmettre un savoir-faire, rencontrer d’autres habitants puis prendre part au projet.
Consolider l’existant : vêtements, objets et alimentation selon l’offre actuelle ; produits frais en circuit court et accueil réconfortant.
Tester un café-cantine léger : boissons, soupes, tartines ou plats de saison, sur place et éventuellement à emporter.
Transformer ensemble produits locaux, dons et invendus ; transmettre recettes, gestes, langues et savoir-faire.
Relier producteurs, commerces, donateurs et associations ; organiser paniers, collecte, anti-gaspillage et orientation.
Le modèle à tester
Achats auprès de producteurs locaux à un prix juste.
Collecte conventionnée, tri, traçabilité et anti-gaspillage.
Tarif accessible ou suspendu, à valider juridiquement et économiquement.
Médias & plaidoyer
Une web-radio et des mini-documentaires conçus avec des écoles d’audiovisuel donnent à voir les initiatives et nourrissent le plaidoyer. Témoignages strictement volontaires, consentement réitérable, droit au retrait et accompagnement SCCF.
Cuisine & cultures
Spécialités des pays d’origine, repas, musiques, arts et savoir-faire attirent un public large et reconnaissent les talents. Vente à emporter et partage des ventes d’art uniquement après étude juridique, sanitaire, fiscale et éthique.
Apprendre & transmettre
Français, conversation, numérique, CLAS et ateliers intergénérationnels. Les bénévoles expérimentés transmettent ; les jeunes apportent médias, nouveaux usages et formes d’engagement plus souples.
04 · Théorie du changement
L’hypothèse centrale : ce ne sont pas les activités seules qui transforment. C’est leur mise en œuvre selon une même méthode — accueil inconditionnel, réciprocité, décloisonnement, participation et action collective — qui agit sur les parcours, les relations et le territoire.
200 m², dix pièces, personnes concernées, bénévoles, partenaires, écoles, réseaux SCCF et coopération catalane.
Accueil inconditionnel, faire avec, réciprocité, mixité, participation aux décisions et alliances territoriales.
Chaque atelier relie personnes, bénévoles, entreprises, associations, écoles et collectivités jusqu’à une restitution ouverte.
Liens renforcés, droits mieux mobilisés, compétences reconnues, engagement renouvelé et parole publique plus audible.
À Perpignan, les personnes en précarité prennent une place digne, active et reconnue dans une société locale plus fraternelle.
05 · Complémentarité territoriale
Elle choisit sa place en fonction de la mission SCCF, des compétences disponibles et de l’impact déjà produit par les acteurs locaux. Sa plus-value se situe dans les liens qu’elle crée entre les personnes et les réponses, pas dans la reproduction de services déjà assurés ailleurs.
Accueil inconditionnel, relation fraternelle, reconnaissance des capacités, participation, action collective, mobilisation bénévole et plaidoyer.
Français, CLAS, parentalité, numérique, cuisine, culture, médias, formation et événements ouverts.
Logement, hébergement d’urgence, santé, droit et emploi : accueillir, informer et accompagner vers le bon professionnel.
Boussole de décision
06 · La cohérence de mon parcours
Ce qui m’attire dans ce poste n’est pas simplement de passer de la culture au social. C’est de mettre mes compétences de direction, d’ingénierie de projet et d’animation territoriale au service d’une organisation capable de relier l’action concrète, la participation, les réseaux, l’évaluation et le plaidoyer.
Concevoir une programmation comme un écosystème, et non comme une succession d’expositions ou de résidences.
→Inscrire chaque action locale dans un projet de délégation et une stratégie globale de transformation.
Faire travailler ensemble artistes reconnus, émergents et autodidactes ; déplacer les codes et les légitimités.
→Agir avec les personnes concernées, bénévoles et partenaires ; reconnaître les savoirs vécus et partager la capacité d’agir.
Construire la mixité des publics, les partenariats, les moyens économiques et l’ancrage territorial.
→Animer un réseau de solidarité, coordonner des alliances et articuler moyens humains, financiers et techniques.
Utiliser l’art, les médias et la rencontre pour transformer les représentations et la place du lieu dans la ville.
→Relier l’accompagnement, l’action collective, l’observation des réalités et le plaidoyer sur les causes de la pauvreté.
Ce que j’apporte
Ce que le SCCF rend possible
Formulation pour l’entretien« Ce qui me passionne dans ce poste, c’est la possibilité d’inscrire chaque action locale dans une stratégie globale de transformation. C’est déjà de cette manière que j’avais conçu La Friche : non comme une succession d’activités, mais comme un écosystème dans lequel programmation, mixité, décloisonnement, partenariats et développement territorial se renforçaient mutuellement. Je souhaite aujourd’hui transférer cette manière de concevoir et de conduire les projets vers un champ plus large, au sein d’une organisation capable de lui donner davantage de portée et d’impact. »
07 · Mise en œuvre progressive
Les actions existantes et utiles continuent pendant le diagnostic. La première année privilégie quelques expérimentations cohérentes plutôt qu’une accumulation d’activités nouvelles.
Diagnostic partagé, histoire et usages de la maison, cartographie des acteurs, audit de la boutique et entretiens avec personnes accueillies, bénévoles et partenaires.
Preuve de passage : Un diagnostic discuté, des ressources repérées et des priorités partagées.Conserver les actions utiles, tester deux ou trois propositions légères, fixer les règles de participation et installer une gouvernance provisoire.
Preuve de passage : Trois prototypes évalués avec leurs participants et un premier conseil de Casa.Faire de la boutique un seuil relationnel, structurer l’accueil et les orientations, ouvrir les groupes-projets et formaliser quelques partenariats prioritaires.
Preuve de passage : Des usages réguliers, des orientations suivies et des personnes concernées qui co-animent.Mesurer les changements, consolider le modèle, répartir les responsabilités et transformer les situations récurrentes en apprentissages et contributions au plaidoyer.
Preuve de passage : Un bilan partagé, une feuille de route à deux ans et des premiers enseignements utiles à la délégation.Agrément CAF
Un agrément « espace de vie sociale » ou « centre social » peut être cohérent si le projet devient global, familial, intergénérationnel, participatif et partenarial. Dès la première année : pré-diagnostic avec la CAF 66. La décision appartient à la CAF et dépendra du diagnostic, des qualifications, de la gouvernance, du financement et du projet social.
08 · Gouverner et apprendre
Le SCCF garantit le cadre. Les personnes concernées, bénévoles et partenaires participent à la conception, au suivi et à l’amélioration du lieu.
Personnes concernées et bénévoles examinent usages, règles de vie, programmation, apprentissages et priorités.
Personnes concernées, bénévoles, salariés, délégation et partenaires suivent les moyens, les risques et la cohérence SCCF.
Des équipes mixtes testent cuisine, français, média, culture, CLAS ou bénévolat, puis rendent compte de ce qui fonctionne.
Tableau de bord utile
Droits ouverts, démarches menées à terme, orientations abouties, bénévoles formés et partenaires actifs.
Liens créés, retours réguliers, compétences reconnues, personnes co-animatrices et décisions réellement partagées.
Pouvoir d’agir, place dans la cité, évolution des pratiques partenariales et décisions influencées.
10 · Conclusion
La réussite de Casa Caritas ne se mesurera pas seulement au nombre de personnes aidées, mais au nombre de personnes qui y auront retrouvé une place, une capacité de contribution et la possibilité d’agir avec les autres.
Vérifier les référencesAccueillir sans condition
Reconnaître les capacités et les talents
Relier les personnes et les ressources du territoire
Partager les décisions et les responsabilités
Transformer les expériences en parole collective
11 · Bibliothèque de preuves
Chaque fiche indique ce que la référence permet d’étayer et le repère utilisable dans une restitution orale. Les formulations ci-dessous sont des synthèses, pas des citations littérales.
Les données qui objectivent les vulnérabilités sans résumer Perpignan à ses difficultés.
L’intensité et la multidimensionnalité de la précarité à l’échelle communale.
121 616 habitants ; pauvreté 36 % ; chômage au sens du recensement 22,5 % ; niveau de vie médian 19 110 € ; logements vacants 14,6 %.Consulter la source
Le besoin d’une action de proximité, jeunesse, famille et insertion.
7 424 habitants ; pauvreté 55 % ; 42,3 % des 16–25 ans ni scolarisés ni en emploi ; 44,4 % de familles monoparentales.Consulter la source
La concentration territoriale de la pauvreté et la nécessité d’aller-vers.
À Perpignan, Champs de Mars atteint 73 % de pauvreté ; Bas-Vernet, Rois de Majorque et Champs de Mars figurent parmi les QPV les plus pauvres de France métropolitaine.Consulter la source
L’intérêt d’une Casa complémentaire des priorités locales et reliée aux quartiers.
Des priorités par quartier, co-construites avec habitants, associations et acteurs économiques : logement, jeunesse, vie quotidienne et structuration associative.Consulter la source
Pourquoi la Casa doit accueillir et orienter, sans se substituer aux spécialistes du logement.
Renforcer l’accueil, l’hébergement d’urgence et d’insertion, diversifier les solutions de logement et mieux coordonner les acteurs.Consulter la source
La nécessité d’un accueil attentif, intergénérationnel et relié aux acteurs de santé.
Des indicateurs d’accès aux soins et de santé mentale défavorables, ainsi qu’un isolement important des personnes âgées.Consulter la source
Les textes qui fondent la fraternité, la participation, le pouvoir d’agir et le travail en partenariat.
L’alignement du tiers-lieu avec la logique de présence, de rencontre et de changement social.
Vivre la fraternité à partir des talents, lutter avec les habitants et partenaires, développer l’action collective et permettre l’engagement.Consulter la source
Le volet alimentaire prolonge une ressource SCCF existante ; il ne part pas de zéro.
La délégation présente à Perpignan son épicerie solidaire, fondée sur des produits frais en circuit court et éco-solidaire, associée à un accueil réconfortant.Consulter la source
La boutique peut devenir une porte d’entrée vers la rencontre et la participation.
Les boutiques solidaires sont des lieux où donner, acheter à petit prix et s’engager, au-delà de la seule transaction.Consulter la source
L’existence d’expériences locales sur lesquelles capitaliser plutôt que repartir de zéro.
Art, expression, photographie, yoga, musique, pâtisserie et cuisines du monde ont déjà servi de supports de rencontre.Consulter la source
Le passage recherché de personne accueillie à contributrice et co-décideuse.
Formaliser la participation, valoriser l’expérience des personnes en précarité et renforcer leur pouvoir d’agir : tous acteurs.Consulter la source
Le socle historique du projet ; les orientations nationales qui lui succèdent doivent être vérifiées en interne.
Agir avec les personnes, renforcer leur capacité à agir et transformer la société par la fraternité.Consulter la source
Les garde-fous pour associer convivialité, dignité, bénévolat et sécurité alimentaire.
La nécessité de protocoles, de traçabilité et de compétences avant de cuisiner ou redistribuer.
Les dons alimentaires impliquent le respect des règles d’hygiène et de sécurité, notamment la conservation et la chaîne du froid.Consulter la source
Pourquoi un panier ne doit pas être présenté comme la contrepartie obligatoire d’une journée de bénévolat.
Le bénévolat est libre et sans contrepartie financière ou en nature ; seuls les frais réels et justifiés peuvent être remboursés.Consulter la source
Des leviers possibles, jamais automatiques : chacun suppose un diagnostic, un projet, des compétences et un dialogue avec la CAF des Pyrénées-Orientales.
La cohérence potentielle de la Casa avec l’AVS et les exigences d’un futur agrément.
Un espace de vie sociale ou un centre social porte un projet global de proximité ; il ne se réduit ni à une activité unique ni à une ouverture saisonnière.Consulter la source
Les conditions pour transformer le « soutien scolaire » en projet éducatif et parental partenarial.
Le CLAS s’adresse du CP au lycée, associe enfants, parents et école, et ne remplace ni l’école ni l’aide aux devoirs isolée.Consulter la source
L’intérêt d’un axe familles, parentalité et accompagnement à la scolarité.
Le schéma documente le poids de la monoparentalité et la vulnérabilité économique des familles dans le département.Consulter la source
Les références pour organiser la mixité, l’accueil inconditionnel et la transmission entre générations de bénévoles.
Le positionnement de la Casa comme espace de coopération, pas comme catalogue d’activités.
Les tiers-lieux apportent des réponses locales à des défis sociaux, économiques et écologiques en réunissant citoyens, associations et acteurs publics.Consulter la source
Pourquoi l’aménagement des dix pièces doit être conçu avec les futurs usagers.
Les choix d’espace, d’entrée et d’usage influencent l’accueil, la mixité et la possibilité de prendre part au lieu.Consulter la source
La faisabilité d’un projet « Passer le relais » avec les partenaires catalans, après consolidation locale.
Au moins deux organisations de deux pays, sur 6 à 24 mois, avec des forfaits de 30 000 € ou 60 000 € et une priorité à l’inclusion.Consulter la source